Position du CEVU sur les Maquettes
Vendredi 30 Janvier14h, le Conseil étudiant de la Vie Universitaire (CEVU) planchait sur les maquettes. Les étudiants réunis en AG la veille avaient solennelement demandé à leur représentant au
CEVU et au CA s'opposer à la remontée des maquettes (architecture - contenu des diplômes) au Ministère. Ce vendredi, le CEVU s'est prononcé pour bloquer les maquettes uniquement si
les autres universités du PRES (Pôle Régional de l'Enseignement Supérieur) bloquent les leurs également. Malgré la prise de position plus radicale des élus étudiants au CEVU,
conformément à ce que leur avait demandé l'AG, ils n'ont pas eu le dernier mot.
Ne perdons pas espoir pour autant,
Aucun combat n'est perdu d'avance, sauf celui que l'on ne mène pas.
Communiqué de presse du 30 Janvier 2009
Enseignants, enseignants-chercheurs, personnels, et précaires se sont réunis mardi 27 janvier, afin d'adopter trois motions, soutenues
par une large majorité des étudiants, également présents. L'assemblée générale a donc présenté ses revendications : le retrait du projet de contrat doctoral abrogeant les contrats d'allocataire
de recherche et de moniteur, la mensualisation des salaires des vacataires et précaires et l'arrêt immédiat des atteintes portées à la laïcité suite à la reconnaissance par l'État des diplômes
délivrés par les universités catholiques. Les salariés de l'Université Jean Monnet ont également voté la grève (72 votes pour, 3 contre, 14 abstentions). La grève des enseignants de l'université
est ainsi reconduite jusqu'au lundi 2 février, date à laquelle la ministre Valérie Pécresse devra répondre à l'appel de la coordination nationale et se prononcer en faveur d'un retrait pur et
simple des réformes en cours. Par ailleurs, les étudiants réunis en assemblée générale se sont déclarés en grève dès le lundi 26 janvier (192 pour, 9 contre, 44 abstentions) à la suite d'une
présentation des motions votées par le personnel de l'université le 20 janvier. En ressort qu'une vaste majorité condamne fermement les réformes en cours, demande le retrait immédiat du projet de
décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs et s'oppose au projet de masterisation des concours de recrutement des enseignants du premier et second degré. Les étudiants appellent au
rétablissement des postes supprimés et sont parfaitement conscients que tout ceci découle directement de la réforme de la LRU et de l’imposition du système LMD. En outre, les étudiants déplorent
le manque de concertation de l’État avec les principaux intéressés (présidents d’université, enseignants-chercheurs, personnels, étudiants) et appellent à une ouverture des négociations avec tous
ces acteurs, afin de donner à l’université les moyens de ses ambitions.
Etudiants et personnel de l'Université en Grève
Éducation Malmenée !
C’est dans un contexte de crise économique qui a vu les valeurs boursières s’effondrer et les licenciements massifs se multiplier, causé par
un système trop libéral, qu’aujourd’hui une grave crise sociale se développe en France et en Europe. A l’heure, où pour sortir de la Crise la logique serait de miser sur la formation de la
jeunesse, le gouvernement Sarkozy-Fillon poursuit le démantèlement et l’affaiblissement de l’Education Nationale.
Précédemment affaiblit par la loi LRU (« libertés et responsabilités des universités » - Loi relative à l’Autonomie des Universités) qui acte le désengagement de l’Etat, l’entrée de financiers
privés instaurant pour l’université une forme de soumission aux intérêts de ses mécènes (coupes budgétaires dans certaines filières, revente du patrimoine immobilier…) et, de fait, la mise en
concurrence régionale des universités, l’Université se voit aujourd’hui une fois de plus mise à mal avec Les réformes de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. La restructuration de
l'enseignement supérieur et de la recherche imposée par le gouvernement actuel constitue un véritable bouleversement qui menace l’Université et ses
missions :
La mastérisation : vers des professeurs moins bien formés
La mastérisation : c’est effectivement la reconnaissance d’un BAC+ 5 pour les futures enseignants-es mais avec la disparition des concours nationaux et anonymes, qui sont un critère d’évaluation
offrant une égalité de réussite pour tous-es. Et ceci au profit de nouveaux critères d’évaluations opaques et arbitraires.
• Nous ne comprenons pas comment un enseignant-e pourra dispenser des cours alors que le parcours de spécialisation (l’IUFM, CAPES) tend à disparaître en 2010.
• Ajoutons à ce panaché la réduction du temps de stage pratique qui est une occasion pour les futures enseignants-es de suivre une formation progressive aux métiers de
l’enseignement.
Ce qui en découle :
• Des enseignants-es non spécialisés-es car la réussite au Master ouvre le droit aux postes de l’enseignement sans l’obtention des concours spécialisés, sans pour autant
déboucher sur un emploi stable et durable.
Conséquences :
• L’accroissement à outrance de postes précaires.
• L’unique solution proposée par le Gouvernement Sarkozy-Fillon : Répercuter les maux de l’Université sur l’enseignement primaire et secondaire.
Quand suppression de poste et Précarisation grandissante se donnent la main
La décision brutale de supprimer 900 postes constitue une rupture par rapport aux engagements de Nicolas Sarkozy de faire de l’Université une « priorité ». Cette décision relève
d’un aveuglement idéologique du gouvernement alors même que N. Sarkozy promettait 1 milliard d’euros par an à l’Enseignement supérieur. Ces suppressions sont les premières depuis 15 ans :
• alors que le sous-encadrement des étudiants est chronique (la France, avec 18,1 étudiants par enseignant, se situe en dessous de la moyenne de 15,4 pour les Pays
occidentaux),
• le gouvernement prend le risque de dégrader les conditions d’encadrement des étudiants. La suppression de postes de personnels administratifs va détériorer un peu plus les
conditions d’accueil et d’accompagnement des étudiants, déjà particulièrement déficientes.
• Enfin cette décision pousse les universités à recourir aux recrutements de personnels contractuels, ce qui aura pour conséquence de précariser l’emploi universitaire, mais
aussi d’accroitre les inégalités entre les universités qui en ont les moyens et celles qui ne pourront se le permettre.
Statut des Enseignant-Chercheur : la recherche menacée
De plus, les enseignants-es chercheurs, depuis le projet de modification récent du décret de 1984 du Code de la Recherche qui garantissait leur indépendance en matière de
recherche, seront assujettis-es aux présidents d’universités et aux conseils d’administration où siègent désormais les représentants des intérêts des entreprises. A long
terme leurs recherches finiront par se confondre avec celles des entreprises et l’enseignement se dégradera. La hiérarchisation entre recherche et enseignement au détriment de l’enseignement,
(émanant du projet de modulation du temps de travail des enseignant-es chercheurs-es) et le recrutement du personnel enseignant qui dépend également du directeur et du CA, sont la porte ouverte à
un enseignement de moins bonne qualité et intéressé qui verra la fin d’universités à vocation d’ascenseur social comme celle de Saint-Etienne.
www.sauvonsluniversite.fr
www.sauvonslarecherche.fr
La Loi relatives aux libertés et responsabilités des Universités (LRU) dite loi d'autonomie des Universités et ses dangers
La revendication de l’autonomie s’était déjà exprimée en mai 1968. Originellement, elle intervenait, dans un contexte d’émancipation, face au pouvoir autoritaire et paternaliste des gaullistes. En effet, la revendication initiale de l’autonomie s’affirmait contre le contrôle des autorités centrales dans la pédagogie et dans la recherche. Reprenant le terme « d’autonomie », le gouvernement actuel lui octroie un nouveau sens : celui d’une autonomie au sens gestionnaire et managérial, c’est-à-dire la capacité d’ouvrir des marges de gestion en ressources humaines et financière. Il s’agit donc, pour le gouvernement, d’avancer ses visions où l’individualisme est promu et où l’Etat se désengage. Pourtant, seul l’Etat peut se donner les moyens d’assurer trois exigences de bases nécessaires à l’université : la gratuité, la non-sélection et le caractère national des diplômes.
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